Vous êtes ici : Accueil > Actualités
Marie-France Beaufils « Nous entendons construire une campagne de proximité »
Marie-France Beaufils, sénatrice, maire de Saint-Pierre-des-Corps, conduit la liste du Front de gauche dans la région Centre-Limousin-Auvergne.
Pourquoi avez-vous accepté d’être tête de liste dans la région Centre-Limousin-Auvergne ?
Marie-France Beaufils. J’étais déjà candidate, en deuxième position, lors des élections européennes de 2004. J’ai accepté de conduire la liste car, pour moi, c’est une façon naturelle de continuer la lutte que j’ai menée au moment du référendum sur le traité de ratification de la constitution européenne. Je me suis battue à la fois pour que les citoyens s’approprient le contenu du projet et pour qu’ils le refusent puisqu’il érigeait la libre concurrence en force de loi.
Votre région est-elle particulièrement intéressée par la question des services publics ?
Marie-France Beaufils. Nous sommes très attachés à cette question. La Creuse a été un élément important du démarrage de ce grand débat sur les services publics, mais elle intéresse toute notre région. La réorganisation des services de La Poste, par exemple, a entraîné une réduction du nombre de bureaux qui s’est soldée par une moindre présence dans les petites communes. À certains endroits, ces bureaux ont dû trouver refuge dans des commerces. Mais, au-delà de La Poste, je pourrais multiplier les exemples de services publics qui ont fondu petit à petit. Aujourd’hui, les services à domicile, les services à la personne sont majoritairement assurés par le privé. Or on ne peut accepter que la rentabilité financière domine ces secteurs d’activité. La façon dont on extirpe, de temps à autre, la directive Bolkestein pour tenter de soumettre à la concurrence l’ensemble des services publics nous incite à ne pas lâcher sur cette question. Nous interviendrons également sur la contribution de l’Europe pour que les infrastructures de déplacement, en particulier le chemin de fer, soient mieux intégrées dans l’ensemble des moyens qui doivent être mis à la disposition de la région.
Vous êtes une des rares femmes têtes de liste présentées par les différentes formations politiques. La parité est-elle encore un long chemin en politique ?
Marie-France Beaufils. La parité est inscrite dans la loi mais elle a du mal à exister concrètement. Il y a eu, certes, des progrès mais on est encore loin d’une situation d’égalité entre hommes et femmes en politique. Je suis fière de prendre cette responsabilité et j’espère que l’on va voir de plus en plus de jeunes femmes s’engager dans le domaine politique. Mais, pour cela, il faut aussi que l’État mette les moyens leur permettant de le faire. Car malheureusement c’est encore sur elles essentiellement que reposent les tâches domestiques et l’éducation des enfants.
Quelles initiatives allez-vous mener pendant votre campagne ?
Marie-France Beaufils. Nous allons mener notre campagne à partir de la question sociale. Elle est bien présente depuis le 29 janvier et surtout le 19 mars. Il y a eu de grandes manifestations chez nous, où les salariés du public et ceux du privé se sont retrouvés ensemble. Nous aurons des rassemblements dans chaque département, mais nous entendons construire une campagne de proximité avec des militants qui iront devant les portes des entreprises, sur les marchés... Ces actions de terrain, de contact avec les citoyens, sont prioritaires pour nous.
Pensez-vous avoir des chances d’être élue ?
Marie-France Beaufils. En 2004, notre liste, conduite par Daniel Geneste, avait obtenu un bon résultat, puisque son pourcentage était légèrement supérieur à celui que le PCF avait réalisé en Île-de-France. Hélas, nous n’avons pas eu d’élu à cause du mode de répartition particulièrement complexe. On espère faire mieux le 7 juin prochain, d’autant que l’on va s’appuyer sur les questions soulevées au moment du référendum de 2005. La population a vécu cette expérience et se rend mieux compte, avec la crise actuelle, des méfaits que peut produire dans leur vie une Europe livrée au libéralisme et au capitalisme. Nous pouvons davantage mobiliser des électeurs motivés par la construction d’une autre Europe. Nous allons nous battre pour obtenir des élu(e)s.
Entretien réalisé par Mina Kaci