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Commémoration 64ème anniversaire de la Libération

Commémoration 64ème anniversaire de la Libération

Discour prononcé par Yannick Bedin, Secrétaire de la Section de bourges du PCF, lors de l’hommage rendu par le PCF aux communistes morts pour la Libération. Stèle du PCF. 8 septembre 2008

« Mesdames, Messieurs, Chers amis, chers camarades

Il y a soixante quatre ans, Bourges, le Cher et la France se libéraient de quatre ans d’occupation hitlérienne. Il y a soixante quatre ans, les valeurs de la République et de la démocratie retrouvaient droit de cité dans notre pays. Quelques mois plus tard, grâce à l’action des alliés et à celles des résistances nationales, l’Europe entière se débarrassait du nazisme et mettait fin à la guerre la plus meurtrière de l’histoire de l’humanité.

Cette libération, nous la devons à l’action des forces alliées. Nous la devons au rôle déterminant de l’Armée rouge et de l’URSS qui paya le prix le plus élevé de la lutte contre le nazisme. Nous la devons aux forces états-uniennes, anglaises, canadiennes débarquant sur notre sol pour mener le combat. Nous la devons aussi, et ne l’oublions pas, aux hommes venus des colonies européennes notamment d’Afrique du Nord ou d’Afrique noire.

Nous la devons enfin aux forces de la Résistance. De sensibilités diverses, animées de convictions philosophiques, religieuses ou politiques différentes, organisées en réseaux, en mouvements, en maquis, ces forces ont concouru à la Libération.

Parmi elles, et aux premiers rangs, les communistes, qui, par dizaine de milliers, ont mené le combat sur notre sol, contre l’occupant nazi et ses serviteurs français. La stèle devant laquelle nous nous tenons, où figure la liste impressionnante des noms des communistes du Cher morts en déportation, exécutés, ou dans les combats contre l’occupant, nous rappelle ce que fut l’engagement du Parti communiste français durant cette période. Un engagement total et massif, au service du pays, de sa liberté et de sa souveraineté.

Nous sommes redevables de notre liberté à leur sacrifice. Nous sommes redevables de notre liberté aussi, à ceux qui ont survécu à ce combat, et que nous avons la fierté de compter encore parmi nous.

Commémorer permet de se souvenir et de rendre hommage à celles et ceux qui ont sacrifié leur jeunesse ou leur vie en ces heures terribles. Mais alors que les rangs de celles et ceux qui furent acteurs ou témoins directs de cette période se clairsèment, que le temps fait son oeuvre, il est plus que jamais nécessaire de s’interroger sur le sens de leur engagement et d’en tirer les enseignements pour aujourd’hui. Aux yeux de la jeunesse, les commémorations ont quelque chose souvent d’intimidant. Certains voudraient figer ces moments dans le temps et les sacraliser, pour mieux les réléguer dans le musée de l’Histoire. Quel usage devons nous faire de la mémoire ? A quoi sert-elle si on ne fait rien face à l’injustice, face aux guerres, aux famines qui dévastent des régions et déciment des populations entières aujourd’hui ? Il convient sans cesse, dès lors, de rappeler pourquoi celles et ceux qui sont entrés en résistance, dans cette période si difficile, l’ont fait.

La Résistance, c’est d’abord une révolte, un refus. Révolte contre la privation de liberté, révolte contre la mise en coupe réglée du pays par l’occupant, au service de ses intérêts, révolte contre les pénuries imposées. C’est le refus le plus intime et personnel, de conceptions contraires à l’humanité, qui faisaient du racisme et de l’antisémitisme l’épine dorsale de l’idéologie nazie, intrinséquement meurtrière, appliquée en France par l’Occupant et par ses valets français. Cette révolte et ce refus, certains l’avaient chevillé au corps, sans forcément appartenir à une organisation ; ils ont individuellement participé à maintenir des braises d’humanité dans une époque où celle ci reculait, en sauvant par exemple des enfants juifs ou des familles, en les cachant dans les villages de notre département et de notre pays au péril de leur vie. Cette révolte et ce refus étaient aussi chevillée au corps des républicains attachés aux principes de la République. Militants de longue date contre le fascisme et le nazisme, les communistes avaient depuis longtemps compris les dangers que représentaient l’Allemagne hitlérienne et le fascisme en Europe. Artisans du Front populaire, engagés aux côtés de la République espagnole, combattant les accords de Munich signé par le gouvernement français, qui ouvraient à Hitler la voie vers l’Est de l’Europe, c’est naturellement qu’ils cherchèrent à s’organiser dans la clandestinité à partir de septembre 1939, alors que le PCF était interdit. Progressivement, la Résitance tendait à s’unifier dans le Conseil national de la Résistance pour rendre plus efficace l’action contre l’occupant et prévoir le relèvement de la France après sa libération. Dans leur engagement, les communistes visaient aussi la construction d’une société débarassée de l’injustice et de l’exploitation : c’est dans cette perspective qu’ils marquèrent de leur empreinte le programme du Conseil national de la Résistance et les grandes réformes de la Libération.

« Le verbe résister doit toujours se conjuguer au présent » disait la résistante Lucie AUBRAC. Et comment ! Pour s’en convaincre relisons l’éditorial signé dans le numéro du magazine Challenges d’octobre 2007 par Denis KESSLER, dirigeant du MEDEF

Je le cite :

« Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde !

Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. (...) Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie. Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme... A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! » Fin de citation

Y a-t-il plus bel hommage, involontaire certes, à la justesse de l’engagement des combattants de la Résistance, que cette déclaration de guerre au monde du travail, écrite par ce représentant du patronat français, digne héritier du patronat des années 1930, qui comme l’a montré l’historienne Annie Lacroix Riz, et avant elle l’historien Marc Bloch , avait fait « le choix de la défaite » ? Il nous rappelle que si l’esprit de classe a peut être reculé dans le monde du travail, il est plus que jamais aiguisé dans la bourgeoisie.

La politique menée par le clan Sarkozy et ses soutiens parlementaires, si bien décrite par Denis KESSLER, est toute entière tournée vers la satisfaction des besoins des plus riches au mépris des solidarités collectives et du progrès social. La privatisation de grands services publics comme la poste ou Gaz de France, la casse du système de santé publique, des retraites ou de l’éducation nationale, les cadeaux fiscaux aux plus aisés, participent de cette logique égoiste qui sacrifie l’accès de tous aux biens communs pour satisfaire les intérêts d’une minorité. Ils veulent en finir avec les conquêtes sociales de la Libération, avec les acquis du monde du travail arrachés de haute lutte tout au long du XXème siècle. Jamais depuis le gouvernement de Vichy, notre pays pays n’avait connu une telle régression sociale. Elle s’accompagne d’une régression démocratique sans précédent comme avec le projet de fichier Edvige qui prévoit de ficher les militants politiques ou syndicaux, les élus, les personnes suivant leur orientation sexuelle ou leur origine ethnique. Cette politique est l’inverse de ce pour quoi, les nôtres et au delà, l’ensemble des Résistants, se sont battus.

Alors oui, plus que jamais, il faut résister. Résister à l’ordre nouveau libéral, à cette mondialisation qui met en concurrence les hommes et les territoires dans une guerre économique sans merci qui génère chômage et précarité. Résister pour combattre la guerre qui sert les desseins de quelques grandes puissances. Résister pour combattre le racisme, l’antisémitisme, les discriminations de toutes sortes et tous les obscurantismes qui fleurissent sur le terreau de la désespérance.

Les communistes oeuvrent pour ouvrir les voies d’un autre avenir pour l’humanité. Celui ci passe par une autre répartition des richesses pour garantir l’égal accès de tous à l’éducation, à la santé, au logement, à l’emploi, à la culture, aux loisirs et aux vacances. Ils veulent travailler à un projet réellement progressiste, dans le rassemblement le plus large.

Hier comme aujourd’hui nous répondons présents pour relever le défi de l’émancipation humaine. Il n’est pas de combat plus actuel et plus moderne. Il n’en est pas de plus urgent.

Je vous remercie. »



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