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Bourges : conseil municipal du 23 mars

Intervention de Jean-Michel Guérineau , chef de file de l’opposition.

Monsieur le Maire, Chers Collègues,

A propos d’un certain nombre de questions à l’ordre du jour de notre Conseil Municipal je voudrais vous faire part de quelques réflexions.

La première concerne ce que je continue d’appeler la grande fragilité de notre ville. Il y a toujours, et contrairement à ce que vous laissez entendre, des signes qui confirment cette fragilité. Je ne reviens pas sur les chiffres de la démographie évoqués lors de notre précédente session mais une baisse de population même si elle est dans une deuxième estimation de l’Insee moindre que la précédente n’en reste pas moins une baisse. Je veux simplement ajouter quelques nouveaux indices qui confirment cette fragilité : la relative faiblesse de l’augmentation des bases d’imposition qui se conjugue avec une baisse des bases de la taxe professionnelle de 1,47% (ce sera à l’ordre du jour du Conseil d’Agglomération la semaine prochaine), ou le nombre de fermetures de classes prévu pour la rentrée 2007 (10 postes qui s’ajoutent aux dizaines supprimés depuis 5 ans !).

Puisque l’avenant au Contrat de site figure à notre ordre du jour, ma deuxième remarque concerne quelques dossiers concrets, facteurs de développement pour notre ville et pour son bassin, et qui n’avancent pas parce qu’il manque clairement une volonté politique locale affirmée et d’abord de votre part Monsieur le Maire.

J’en citerai quatre qui ont un rapport direct avec de nouveaux développements possibles du Pôle National sur les Risques :

Monsieur le Maire, ancien Ministre, sur ces quatre dossiers pour lesquels vous paraissez certainement comme l’un des mieux placé pour obtenir des avancées, vous n’avez jusqu’à présent fait preuve que d’un manque de volonté politique flagrant.

Ma deuxième remarque concerne le Plan de Renouvellement Urbain et le projet Avaricum. En dehors du problème récurrent de la concertation, ces projets ayant été bâtis sans les Berruyers et notamment sans tenir compte de l’avis des habitants concernés, en dehors du problème du dimensionnement de ces projets et de leur démesure, je voudrais insister sur deux questions qui se posent aujourd’hui de manière aiguë : celle des relogements et celle des loyers. J’ai déjà cité ici un témoignage de Pierre Tritz, ancien curé dans les quartiers Nord, mais je veux renouveler cette citation tant elle me paraît juste et d’actualité. Il écrit dans son livre « Prêtre en banlieue » : « Deux problèmes se posent toujours dans pareille situation : le relogement à l’identique de la population concernée et l’impact sur les loyers. A Bourges, j’ai pu observer qu’à l’issue de certaines opérations, les plus démunis, ne pouvant se permettre la plus petite augmentation de loyer, se retrouvaient toujours sur le carreau. Ils finissent en effet par partir, encore plus pauvres qu’ils ne l’étaient, et viennent gonfler les rangs des mal-logés. » C’est ce qui se passe aujourd’hui à Bourges quand on sait que depuis 5 ans les loyers ont augmenté de 12% (alors que l’APL n’augmentait que de 7%) et que les charges ont progressé de 42% !

Jour après jour se multiplient les témoignages de situations humaines dramatiques liées à la mise en œuvre des relogements programmés dans le cadre de ces opérations. L’heure n’est-elle pas venue de faire le point sur la mise en œuvre de ces dossiers, sur celle de la convention pour le renouvellement urbain comme le demandent un certain nombre de locataires ?

Et puis, il y a Avaricum. Avaricum où ce qui était une opération concernant le renouvellement du logement social est devenu une privatisation d’une partie du territoire de la commune pour une opération immobilière et commerciale. A propos de ce dossier, je voudrais faire part d’une inquiétude majeure, que je qualifierais de « syndrome de la patinoire ». Rappelez vous le dossier de la patinoire concédé à un privé juste avant les élections de 2001, privé qui simulait le démarrage des travaux quelques semaines avant les élections pour jeter l’éponge quelques semaines après confiant à la ville le soin d’assumer la construction. Je ne voudrais pas que pour Avaricum on assiste à un scénario similaire avec des démolitions réalisées juste avant les élections municipales et que nous nous retrouvions après les élections municipales avec un trou à combler, le privé jugeant « techniquement » irréalisable le projet qu’il a présenté.

Enfin, ma dernière remarque portera sur la délibération sur les taux. Simplement pour rappeler que, même si les taux n’augmentent pas cette année, cela n’empêche pas les Berruyers de supporter un niveau de prélèvements (impôts, taxes, tarifs dont l’augmentation à Bourges reste importante, ...) très élevé, trop élevé. Je pense qu’il continue à être aujourd’hui un handicap pour le développement dynamique de Bourges et un frein important pour l’installation de nouveaux habitants, de jeunes ménages ou de familles issues de milieu modeste ou moyen qui vont ailleurs dans la couronne ou plus loin voire en dehors du département. Il y a urgence au plan national à une véritable réforme fiscale qui tienne compte de l’économie d’aujourd’hui et qui organise une meilleure répartition des richesses. Mais au delà il y a une spécificité ici à Bourges, spécificité qui n’existait pas en 1995, c’est une pression fiscale forte comme le soulignait une note du Ministère de la Ville préparatoire au PRU « En matière fiscale, à Bourges, la pression fiscale sur les ménages est supérieure à la moyenne de la strate 1,40 contre 1,19 en moyenne. En plus, les bases sont aussi inférieures à la moyenne régionale ».

Je vous remercie.


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