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« Jean GALLAND Notre ami, notre frère, notre camarade... Jean vient de disparaître fin janvier. Au cours d’une cérémonie très émouvante, ont été lus toute une série d’hommages venant de toute part et en particulier d’éminents progressistes algériens. Il repose à Esvres, sa terre d’adoption au retour de cette Algérie pour qui, il a tant donné avec son épouse Jeannette, une vraie mère courage. Ensemble, ils ne faisaient qu’un, toujours en complémentarité ! Il est papa de 5 enfants.
Jean est né à Charost en 1928.
Dès son adolescence, ses choix politiques, ses fréquentations se sont orientées vers notre Parti Communiste. Ses premiers choix littéraires ont été Aragon, Zola...Après avoir passé son Bac en 1948, il s’embauche comme manœuvre à la fonderie de Rosières. Il entre de plain-pied avec l’exploitation ouvrière. C’est dans cet environnement que se construit sa conscience de classe, qui ne le quittera jamais désormais ! Saisissant une opportunité, il s’inscrit à l’Ecole Normale près d’Alger. C’est ainsi qu’il bascule en Algérie. Tout de suite, il se lie à des collègues aux sympathies communistes. Il entre au PCA. En 1951, c’est sa 1ère affectation à Messaad dans une oasis !... Avec Jeannette qui l’a suivi, leur tout aussi jeunes collègues, immédiatement ils se préoccupent des autochtones laissés dans le dénuement par l’autorité coloniale : bien sûr de l’enseignement mais d’une cantine avec un jardin, de l’organisation de soins publics (le médecin réside à 80 Km !), des cours pour adultes ! Dès le départ, Jean affiche ses opinions pour la démocratie, la liberté et l’égalité. A la demande du PCA, il participe à créer un « Comité du Front Algérien » regroupant, pour la lutte, toutes les tendances anticoloniales et/ou indépendantistes !
L’administration coloniale ne tarde pas à sévir avec ses sbires et les colons les plus réactionnaires. Suivent les mutations/sanctions dans les bleds les plus éloignés, dans dures de conditions de vie. Le couple, qui s’agrandit progressivement, ne courbe pas l’échine, bien au contraire. Partout où il passe, il construit des relations extraordinaires avec ce peuple algérien qui sait se montrer si chaleureux. J’ai pu le constater par moi-même à deux reprises au cours de mes voyages ou missions syndicales dans cette terre où j’ai passé les deux premières années de mon enfance, à Tizi Ouzou ! Les brimades s’aggravent dès lors où Jean est candidat PCA à des cantonales en Kabylie.
1er Novembre 1954 : coup de tonnerre, l’insurrection du Peuple Algérien démarre !
Avril 55, pour ses engagements, Jean GALLAND est le 1er expulsé d’Algérie par Soustelle dès la loi sur l’Etat d’Urgence. C’est le retour dans le Cher où tout naturellement, il rejoint notre Parti et y milite activement. L’inspection académique ne lui donne pas de classe. René Maria, Maire communiste de Lunery, héberge la petite famille. Avec l’aide de notre camarade Robert Chaton, en faisant le forcing, il obtient un poste à Henrichemont. Il y dirige une équipe de basket tout en animant la vie du Parti dans cette région. Il continue à nos côtés, son combat pour l’indépendance et la paix en Algérie, sillonnant notre département pour apporter son témoignage. En 1961, il est candidat du PCF dans mon canton natif d’Henrichemont. Sur les bases d’un rapport de J. Rimbault au Comité Fédéral, notre regretté camarade, disparu lui aussi bien trop tôt, Jean mène une campagne « tambour battant ». Il gagne 224 voix et un score de 38% jamais égalé !
L’indépendance de l’Algérie reconquise, Jean et sa famille postulent pour la coopération. En Noël 62, c’est un nouveau départ pour Alger. Jean fait partie de l’équipe pédagogique qui va former des dizaines d’enseignants algériens.
Il revient en 1974 et en Indre et Loire, il devient jusqu’à la retraite, principal de collège. Il n’a de cesse de continuer de lutter au sein de notre Parti, même s’il est très interrogatif sur nos dernières orientations. Notre dernier congrès ne l’a pas laissé indifférent. Nous avons beaucoup échangé sur sa préparation. L’élection de Yannick Bedin, qu’il connaissait, à la tête de la section de Bourges du PCF et ses résultats électoraux lui ont fait très plaisir.
Jean a été fidèle jusqu’au bout à l’Huma et à Dix Huit dont il appréciait le contenu.
Un de nos frères vient de disparaître. Un homme chaleureux qui aimait les gens et avec qui, tout de suite on se liait d’une solide amitié. Jean GALLAND nous laisse son œuvre. Un de nos meilleurs amis communs, combattant réfractaire de cette sale guerre d’Algérie m’a dit : « Si seulement on avait eu ses livres, on aurait refusé de partir à ces massacres. »
Adieu l’ami. Tous ceux qui t’ont connu te garderont dans leur cœur pour leur vie !
Que tes écrits servent à tous les militants de la Paix, de la Liberté, de la Démocratie !
A Jeannette, toute notre affection. »
Bourges le 10/02/2009 Guy QUENET, membre du Comité de Section du PCF de Bourges
Quelques ouvrages de Jean GALLAND : Un triptyque : « En Algérie du temps de la France » 1950/55, « La Tête ici, le Cœur là-bas » 1954/62, « Indépendance, un combat qui continue » 1962/74 Une brochure sur G. Sand Une autobiographie : « Un parcours inachevé » On peut se les procurer en se renseignant sur son site ou en écrivant chez lui : Jean GALLAND, La Hardellière -37320 ESVRES