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Le gouvernement attaque les trains !

C’est souvent au cœur de l’été que les mauvais coups pleuvent. Celui de 2005 ne fait pas exception avec, entre autre, l’annonce par la SNCF de supprimer d’ici décembre, des trains sur trois lignes du grand Ouest, dont celle du Lyon Nantes, qui dessert Bourges et le Cher.

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De Villepin et Perben , les cavaliers du libéralisme !*

Avec l’aval du gouvernement, la SNCF somme les Régions de mettre la main au portefeuille pour combler le déficit de ces lignes qui s’élèverait à 20 millions d’euros, annoncées comme les plus déficitaires de la SNCF.

Cette logique est celle de la libéralisation et de la politique de décentralisation poursuivie par le gouvernement, alors même que le 29 mai, les Français ont montré qu’ils la refusaient. Ainsi, en appelant les Régions à payer ce qui est déficitaire, le gouvernement assume d’éventuelles hausse d’impôts locaux qu’une telle logique entraînerait. Outre le fait que ce mauvais coup permettrait à la droite de mettre ces Régions en difficulté (toutes à gauche rappelons le), ce serait à terme la disparition pure et simple de ces lignes ou leur privatisation, au nom de l’ouverture du rail à la concurrence souhaitée par Bruxelles.

Pour Didier Le Reste, secrétaire de la Fédération CGT des cheminots, la mise à mort de ces lignes est intentionnelle :

« L’objectif est de faire supporter aux régions le coût d’exploitation de ces lignes, mais aussi le renouvellement du matériel roulant. Les rames Corail ont vingt-cinq ans d’ancienneté, les locomotives plus de trente ans. De 2005 à 2010 il faudrait dépenser 168 millions d’euros pour renouveler le matériel (...). Il n’y a pas eu d’investissement pour moderniser l’infrastructure, il n’y a pas eu de politique tarifaire attractive, on y a mis des trains défectueux, il n’y a pas eu de réflexion sur les horaires et les correspondances... On ne peut s’étonner du déficit. La SNCF ferait mieux d’indiquer comment rendre ces lignes attractives plutôt que d’annoncer des suppressions. (...)En septembre 2004, sur le dossier des lignes Corail, le ministre des Transports nous écrivait : « Concernant l’exploitation des services voyageurs, il est aujourd’hui du ressort de la SNCF d’exploiter les liaisons existantes dans le cadre du monopole dont elle bénéficie et du système de péréquation financière qui lui permet d’assumer à la fois des missions de service public et des missions à caractère davantage commercial. » Aucun texte législatif n’oblige la SNCF à renoncer à la péréquation." (l’Humanité du 13/08/05).

Au nom de la concurrence libre et non faussée, en prévision de l’ouverture du rail au secteur privé, la logique libérale de l’Union européenne, appliquée par le gouvernement, s’oppose à ce type de péréquation. La direction de la SNCF prépare le terrain à la privatisation : qui veut tuer son chien l’accuse de la rage ! Le transport ferroviaire est un service public. Les enjeux pour l’aménagement du territoire, pour l’environnement, sont énormes. Le territoire français souffre d’un manque d’axes de communication Est-Ouest, de liaisons transversales ; ce n’est pas en sacrifiant les axes existants que l’on résoudra le problème. Le gouvernement se détourne de la nécessité de développer les transports en commun alors que les prix du carburant flambent et que la protection de l’environnement l’exige. On ne s’étonnera pas au passage, qu’un ancien ministre l’écologie, Maire de Bourges et candidat aux prochaines sénatoriales, reste muet et n’agisse pas contre cette mesure. En bon libéral, il partage et soutient cette logique de privatisation, qu’il applique dans notre ville de Bourges (la privatisation de la restauration collective en est une preuve récente). La mobilisation de tous, usagers, syndicats, citoyens et élus, est nécessaire pour contrer cette nouvelle attaque contre le service public.

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Il faut les arrêter !*

*Image tirée de L’Attaque du Train de Fort Defiance Série : Tex Dessinateur : Ortiz Scénariste : Nizzi.

Les commentaires et dialogues de ces images ont été réécrits par nous.


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Yannick Bedin

Conseiller municipal de Bourges

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