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Le budget 2007 au conseil

Intervention liminaire de Jean-Michel Guérineau du Conseil Municipal de Bourges du vendredi 15 décembre.

Monsieur le Maire, chers collègues.

Ce Conseil Municipal comprend un certain nombre de dossiers lourds de conséquences pour l’avenir de Bourges : je pense au dossier Avaricum, à ceux liés au PRU ainsi que, bien entendu au budget 2007. Je reviendrai sur tous ces points dans mon intervention mais auparavant il ne me semble pas possible de ne pas aborder la question qui préoccupe au premier rang nos concitoyens : celle de l’emploi.

Cette question est primordiale pour les Berruyers comme elle l’est pour l’avenir de notre territoire et c’est particulièrement vrai pour ce qui concerne l’emploi industriel. Aujourd’hui, les plus grands économistes le disent, c’est bien sur l’industrie (fut-elle du XXIème siècle) et sur l’emploi industriel que se fonde l’avenir et le développement économique. Et on a beau dire, comme vous le faites, que le niveau d’emploi aujourd’hui est équivalent à celui qui prévalait avant la crise de l’industrie d’armement, il faut aussi regarder quels emplois, dans quels domaines et rapporter ces chiffres à la perte d’habitants subie depuis 15 ans.

Que vivons-nous dans notre département, notre bassin d’emplois, notre ville ? Après les désastres dans le domaine du textile, de la porcelaine, de la mécanique, des industries d’armement, c’est maintenant le secteur automobile. Tout cela a une raison essentielle par trop passée sous silence : la recherche effrénée de profits monstrueux par quelques actionnaires.

Chacun est à même de comprendre qu’il y a des limites à vouloir des taux de rendement annuels de 15 à 20% (voire plus) pour des actions quand les taux de croissance ou d’inflation sont à 2% ! Et cette année, les bénéfices nets des 40 entreprises du CAC 40 (parmi lesquelles quelques fleurons berruyers) vont vraisemblablement passer les 100 Milliards d’€uros, record archi battu !

Les « capitaines d’industrie » sont devenus des « généraux de la finance » !

De tout cela vous êtes les complices zélés. Quel meilleur exemple que MBDA dont le site de Bourges compte aujourd’hui moins de salariés qu’en 1995 malgré les délocalisations de Châtillon et Salbris. Que découvre-t-on dans la presse cette semaine alors que vous inaugurez la nouvelle organisation du site de l’Aéroport de MBDA aux côtés du PDG Evrard ? Que c’en est fini, semble-t-il définitivement de la production « avions » à MBDA Bourges alors même que les besoins existent (chacun connaît les difficultés et retards d’Airbus), les compétences et les espaces aussi.

De la même façon, vous êtes complices d’un gouvernement dont la politique se traduit par un creusement sans précédent des inégalités (il n’y a qu’à voir les déclarations des responsables d’associations caritatives).

Vous êtes complices de ce même gouvernement qui se désengage de tout aménagement du territoire par exemple en sacrifiant le POLT empêchant aujourd’hui toute connexion au réseau TGV ou encore en refusant tout développement universitaire pour Bourges dans les discussions préparatoires au Contrat de Projet Etat-Région.

A toutes ces complicités, il convient d’ajouter les retards préjudiciables au développement de Bourges, retards qui vous sont imputables. Je pense au développement de la thématique des risques, je pense au peu de volonté manifestée dans le développement du technopôle Lahitolle.

Comme certains de vos prédécesseurs ont eu peur de l’arrivée du train et de la gare à Bourges ou encore de l’installation de l’usine Michelin en son temps, vous montrez que vous avez fait une croix sur le développement industriel et donc économique de Bourges.

Au contraire, nous pensons qu’il faut bâtir un projet collectif fondé sur un projet économique d’envergure à la hauteur du défi qui nous est lancé à 10 ans. J’avais fait il y a un an ici même un certain nombre de propositions à débattre. Vous les ignorez, je pense que c’est une erreur majeure pour l’avenir de notre ville.

J’en viens maintenant à quelques dossiers importants de ce Conseil Municipal.

D’abord Avaricum. Sans développer parce que nous y reviendrons à l’occasion de la délibération. Celle-ci confirme pleinement ce que nous avons dit sur ce projet : l’opération « Avaricum » constitue une véritable privatisation d’une partie du territoire communal occupé aujourd’hui par du logement social et qui sera demain dévolu à un opérateur privé. D’une opération au départ faite pour rénover du logement social, vous avez fait une opération immobilière et commerciale.

Ensuite le PRU. Là aussi nous y reviendrons à l’occasion des délibérations mais se confirment nos inquiétudes de départ :

Il y avait d’ailleurs cette semaine à l’Assemblée Nationale l’audition du Président et du Directeur de l’ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine). Trois points de leur intervention au moins confirment ces inquiétudes :

  1. « Le relogement reste une question très difficile mais sa responsabilité n’incombe pas à l’Anru mais aux maires et préfets concernés. »
  2. Le niveau des loyers à l’arrivée n’est pas équivalent aux loyers de départ : « même avec des moyens supplémentaires, on n’y arrive pas. »
  3. Les financements : « des problèmes vont arriver, au paroxysme à partir de 2008 » (au moment prévu des reconstructions !)

Enfin, pour conclure quelques réflexions sur le budget 2007, année électorale et préélectorale. Cela se voit (les chiffres des lignes annonces et insertion, fêtes et cérémonies et catalogues et imprimés augmentent de plus de 15%)

Ce budget continue à être « vampirisé » par le PRU. C’est la conséquence de ce que nous avions dit dès le départ et que je viens de rappeler, à savoir le surdimensionnement du projet. Bourges avait besoin d’un plan de renouvellement urbain mais à sa dimension et bâti en concertation avec ses habitants. C’est un autre choix, accompagnant d’ailleurs la baisse démographique et la diminution du parc de logement social, que vous avez fait.

Ensuite parce que vous persévérez dans l’engagement quasi-exclusif de travaux de voirie au détriment des équipements structurants notamment pour répondre aux besoins des quartiers. Certes, les travaux de voirie sont nécessaires et pour certains utiles. Mais là aussi, il y a un manque de discernement. Pour ne citer que quelques chiffres, dans les investissements concernant votre programmation 75% sont consacrés à étaler de l’enrobé et du béton désactivé et dans les investissements concernant les services seuls 27% sont pour les secteurs sport, jeunesse, enseignement et culture.

Enfin, la perte de substance du service public local. Aux privatisations d’équipements publics qui ont ponctué vos deux mandats, succède l’opération « Avaricum » que vous relancez et qui constitue une étape nouvelle dans les gages donnés aux opérateurs privés.

A cela s’ajoute l’extrême contraction du budget de fonctionnement dont je pense qu’elle nuit au fonctionnement du service public municipal, à l’importance et la qualité du service rendu aux Berruyers. Dans ce domaine, l’équilibre n’a pas été trouvé entre le souci de bonne économie des deniers publics et la qualité des services rendus à nos concitoyens qui représentent des dépenses utiles socialement.

Voilà, Monsieur le Maire, Chers collègues, les quelques remarques que je souhaitais formuler en ouverture de ce Conseil Municipal.


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