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Comme à chaque anniversaire de la Libération de Bourges,les communistes du département ont rendu mercredi 7 septembre, un hommage à ceux d’entre eux tombés au combat, fusillés ou déportés pendant l’Occupation. Cette année, les cérémonies furent marquées par le soixantième anniversaire de la mort de Gaston CORNAVIN, Député du Cher. En présence de Jean-Claude SANDRIER, Député, de Maxime CAMUZAT, 1er Vice-président du Conseil général, de Jean-Michel GUERINEAU, vice président de la Région et secrétaire de la section de Bourges du PCF, de François DUMON, Secrétaire fédéral, une plaque a été posée sur la tombe de Gaston CORNAVIN. Nous publions ci-dessous l’allocution de Yannick BEDIN, conseiller municipal de Bourges, lue à cette occasion.
Chers amis, chers camarades,
Après ce parcours qui nous a mené sur les tombes de ceux qui furent d’ardents combattants de la lutte contre l’occupant nazi, et avant de nous rendre au siège de la fédération du Cher du Parti communiste français, où nous rendrons hommage à tous les communistes qui ont lutté et sont tombés pour la liberté, la nôtre, celle de la France, nous voici réunis sur la tombe de Gaston CORNAVIN.

Il y a soixante ans, au mois de juillet 1945, mourait le premier député communiste que les habitants du Cher s’étaient donnés. Elu une première fois de 1924 à 1928, Gaston CORNAVIN sera réélu en 1936 avec le Front populaire. Gaston CORNAVIN est né à Bourges en 1894. Il repose dans ce cimetière, situé à deux pas des Etablissements militaires où il fut ouvrier ajusteur, après un apprentissage à l’Ecole centrale de Pyrotechnie commencé à 14 ans. C’est là qu’il adhère au syndicat des établissements militaires puis par la suite au Parti socialiste unifié. Durant la Ière Guerre mondiale, il sera de ces militants courageux opposés à l’Union sacrée. Il rejoint naturellement le Parti communiste dès sa création, et en devient rapidement, l’un des dirigeants de premier plan : responsable départemental, puis membre du Comité central et membre suppléant du bureau politique.
Syndicaliste, il participe aux côtés de Venise GOSNAT, à la lutte des ouvriers des établissements militaires en juillet 1922, contre la baisse des salaires, le déclassement des ouvriers et les atteintes au droit syndical. Une lutte marquée par le rassemblement de plus de 3000 employés de ces établissements dans la cour de la Maison du peuple, tout près d’ici, place Malus.
Il fut de toutes les mobilisations du Parti communiste contre l’austérité, contre le fascisme qui s’installait en Italie, contre l’occupation de la Ruhr ou la guerre du Rif au Maroc. L’influence communiste gagnant chez les soldats, le gouvernement français répond par la répression : parmi d’autres militants, Gaston CORNAVIN est arrêté en 1928, emprisonné au Bordiot, et condamné à 6 mois de prison ferme pour son action antimilitariste. Réfugié à Bruxelles, il rentrera clandestinement en France et trouvera refuge à Ivry-sur-Seine en région parisienne, dont il deviendra le conseiller général en 1935. Aux élections législatives de 1936, il est candidat dans le Cher pour le Parti communiste et est élu. Il participera à l’aventure exaltante du Front populaire, avec ses lois sociales qui devaient changer la condition de millions de travailleurs de France.
Deux ans plus tard, la remise en cause des acquis arrachés par la lutte des travailleurs et accordés par un gouvernement favorable au monde du travail en 1936, conduit le PCF et ses élus à protester et à organiser la mobilisation. Ainsi le 2 septembre 1938, 6000 travailleurs marchent sur la préfecture à Bourges avec à leur côté Gaston CORNAVIN ou encore Marcel CHERRIER. La trahison des possédants et de leurs relais politiques est déjà en marche cette année là : la remise en cause des lois sociales s’accompagne d’une politique conciliante à l’égard des ambitions d’Hitler, illustrant le slogan de la grande bourgeoisie « Plutôt Hitler que le Front populaire ». La même année, les accords de Munich sont signés par la France, l’Angleterre, l’Italie et l’Allemagne, permettant à Hitler d’annexer le territoire des Sudètes en Tchécoslovaquie, ouvrant ainsi la voie vers l’Est aux hordes nazies. Le PCF sera le seul parti à dénoncer cette première capitulation face au IIIème Reich. Parallèlement, le gouvernement décline les offres d’alliance que propose l’URSS à l’Angleterre et à la France.
Au mois de septembre 1939, la IIème Guerre mondiale commence ; le gouvernement français, prenant prétexte du pacte de non-agression entre l’URSS et l’Allemagne, interdit le PCF. Le gouvernement fait établir des listes de militants et de responsables communistes (des listes qui seront précieuses quelques mois plus tard pour l’occupant). Les élus sont déchus de leur mandat, des militants sont arrêtés (beaucoup seront livrés après la débâcle aux pelotons d’exécution allemands ou déportés). Gaston CORNAVIN est arrêté en décembre 1939 et condamné en avril 1940 à 5 ans de prison, il est interné en Algérie et sera libéré après le débarquement allié en Afrique du Nord. C’est affaibli et malade qu’il revient en France après la Libération, où il mourra le 10 juillet 1945, à 51 ans.
La vie de Gaston CORNAVIN a été toute entière dévouée au monde du travail, à la classe ouvrière à laquelle il appartenait. Révolutionnaire, syndicaliste et dirigeant communiste, élu, il aura toujours combattu pour la liberté et l’amélioration des conditions de vie du peuple, de tous les peuples comme l’illustre son engagement internationaliste. Il l’aura payé de sa liberté. Le Parti communiste français est fier d’avoir compté dans ses rangs des hommes comme Gaston CORNAVIN. Nous sommes fier de tous ces hommes et de ces femmes, qui ont sacrifié parfois jusqu’à leur vie, pour notre liberté. Montrons nous dignes, dans les conditions d’aujourd’hui, de leur action et de leur sacrifice. Et je terminerai, avant le dépôt d’une plaque et d’une gerbe sur la tombe de notre camarade, en citant Paul Eluard : « Si l’écho de leurs voix faiblit, nous périront ». Je vous remercie.