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Le premier thème abordé était celui des services publics : quels sont les champs, les secteurs d’activités qui devraient relever des services publics ? Quels sont les objectifs fixés aux services publics et quel type de prélèvements fiscaux peut permettre de les faire vivre ? Des interventions ressortent plusieurs constats et idées :
"-"Plusieurs intervenants ont parlé de la notion de service public : égalité d’accès, égalité de tarifs, contenus de la notion d’intérêt général » Parler du service public revient à parler « de ce que chacun met dans la notion d’intérêt général et qui décide de sa définition ». Pour l’ensemble des participants, l’éducation, la santé, les transports, la recherche, l’énergie, l’eau, les télécommunications doivent relever des services publics. Pour un intervenant, « trois dimensions sont intrinsèquement liées dans les services publics : l’économie, le social et le politique. »
Il y a des territoires entiers où les habitants ne trouvent plus de services publics, type La Poste, l’Education nationale, la perception... La tendance est à recentrer sur les agglomérations. Alors que le grand acquis du service public, c’est l’existence d’une égalité entre les différents territoires et entre les citoyens quel que soit leur lieu d’habitation. Ce qui se passe actuellement, c’est la remise en cause de tous ces acquis. Un intervenant soulignant qu’en plus « l’Etat ne décentralisait pas, mais transférait des charges, faisant ainsi jouer aux élus locaux, un rôle de fusible, car ils sont plus proches de la population ». « L’Etat est garant de la solidarité nationale » a souligné un autre intervenant, tandis qu’un troisième tentait une définition « le service public doit gérer les biens communs de l’Humanité ». Les services publics n’ont pas toujours existé. Le service public permet l’égalité d’accès des citoyens. Un participant a indiqué que pour lui « les gens font le lien entre l’Europe et l’absence de service public. Un autre participant affirmait qu’il s’agissait aussi d’une volonté politique de la France. Tout le monde a souligné de façon répétée et avec force, la nécessité de permettre un contrôle des services publics par les usagers et par les salariés, faisant ainsi apparaître l’urgence des questions de contrôle et de maîtrise des actions de façon permanente. Un autre intervenant a souligné l’affrontement de deux modèles le modèle anglo-saxon, vers une financiarisation de toute la société et un modèle français, avec les acquis du programme du conseil national de la résistance. « Une partie de bras de fer est à mener au niveau français et européen. »
Concernant le service public de l’école, un intervenant a souligné le manque d’ambition à la politique éducative au regard des besoins de la société et le manque de formation des futures générations à un haut niveau. « L’Etat se désengage et morcelle tout le système, alors que le service public garantissait l’égalité ». Pour un autre intervenant, allant dans le même sens, « l’éducation est un marché énorme qui s’ouvre en ce début de siècle, attisant les convoitises du privé ».
Plusieurs interventions ont abordé la question du financement des services publics, soulignant la nécessité de créer un pôle public financier, échappant aux règles de l’économie libérale, capable de drainer vers la satisfaction des besoins humains, l’argent qui n’est pas productif. Une intervenante informait que le seul budget qui avait augmenté était celui de la Défense (+3,4 % alors que le budget de la Défense représentait 20 % du budget global). Un autre posait franchement la question « si la gauche revenait au pouvoir, faut-il reconquérir des sphères aujourd’hui privatisées ? » Ce à quoi certains participants affirmaient qu’il était nécessaire d’abroger les mesures libérales, d’autres soulignant la nécessité aussi de mieux gérer les services publics. Pour un participant, « il ne suffit pas de promettre de revenir sur les mesures libérales prises depuis 20 ans, il faut dire comment financer. La question des moyens est un préalable à tout changement. On ne peut sauver les services publics et les développer sans changer de logique ». Constatant la diminution de la part des salaires dans la valeurs ajoutée au profit de l’augmentation de celle du capital, citant l’explosion des profits des grandes entreprises , le même intervenant en appela « à aller contre cette évolution ».
Plusieurs intervenants ont abordé les questions de la fiscalité et de la redistribution des richesses. « Une bonne fiscalité est une fiscalité qui combine l’exigence de justice, de partage des richesses et d’efficacité économique. » devait affirmer un intervenant, plaidant au passage pour « une baisse ciblée de la TVA, et un élargissement de l’assiette de l’impôt sur le revenu aux revenus financiers »
La remise en cause du capitalisme est à l’ordre du jour pour ce même intervenant, « un capitalisme qui n’a pas de projet, n’investit plus, et des grandes fortunes qui ne créent aucun emploi. »
Les aides agricoles ont été abordées. « Les aides à la production, bénéficient aux plus grosses exploitations ; il faut supprimer les aides à la production et garantir des prix rémunérateurs aux agriculteurs », affirme une intervenante. La question de l’accès de tous de façon égalitaire à une nourriture de qualité est également posée, tout en permettant que le monde agricole puisse vivre de son travail. « Ce qui implique une autre utilisation des fonds publics ».
D’autres interventions ont porté sur différents thèmes, que le manque de temps n’a pas permis d’approfondir. Un mini-débat s’est engagé sur les présidentielles. Un intervenant demandant « arrêtons de tourner autour du pot : la question c’est quel candidat pour les prochaines échéances ? » Ce à quoi d’autres intervenants, notamment les représentants des partis politiques présents ont indiqué « qu’il fallait un projet avant toute chose. » La situation de la Sécurité sociale et la place des Mutuelles dans notre système de santé ont été abordées.
Une intervention a posé avec insistance la question de l’emploi et de la place des chômeurs dans la société actuelle. « L’emploi, c’est la question numéro 1, c’est l’essentiel dans le projet anti-libéral » Il a souligné avec force l’absence de place faite aux chômeurs en indiquant qu’on défendait souvent les travailleurs mais pas les sans-emploi, alors qu’ils représentent 4 millions de personnes et que 12 millions de gens vivent en dessous du seuil de pauvreté. Plusieurs intervenants ont abordé rapidement la place de la France, dans l’Europe et dans le monde, le rôle de la nation, sans que le débat puisse être approfondi.
Forum de Bourges : synthèse des débats 23 août 2006, par alain
bonjour.
je prend connaissance de votre site et je me demande si vous coordonnez des débats de société sur bourges ? si oui merci de m’en informer. cordialement alain