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Des arguments pour le NON

Dans ce texte, nous publions quelques arguments face à ceux que tiennent les partisans du OUI au projet de Constitution. Ces derniers d’ailleurs se gardent bien souvent de rentrer dans le détail du texte, se contentant d’assimiler le vote oui à un vote en faveur de l’Europe. Le PCF, ainsi que l’ensemble des forces progressistes qui s’opposent à ce traité, ne sont pas contre l’Europe, mais veulent une autre Europe, qui répondent aux besoins des peuples !

A la fin de l’article, des liens vers des articles ou des textes analysant les relations étroites entre le projet de Constitution européenne et la directive Bokestein. En effet, certains partisans du OUI ont allumé un contre feu en s’opposant publiquement à cette directive, pour mieux masquer les orientations semblables du projet de Constitution européenne.

Le PCF répond, point par point, aux principaux arguments développés par les partisans du OUI.

« La victoire du Non ouvrirait une crise majeure »

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La crise ? Elle est déjà là. Qui pourrait avancer que l’Europe va bien quand l’abstention atteint de tels niveaux partout sur le continent ? Quand les nationalismes et les populismes prospèrent ? Quand le chômage et la précarité s’enracinent ? Or qu’est-ce qui produit tout cela ? L’accumulation des choix libéraux, l’opacité de l’action européenne.

« L’ultralibéralisme, nous le subissons depuis plus de vingt ans. »

La Constitution ne propose pas de tourner le dos à ces choix : au contraire, elle les confirme et leur donne la valeur d’un principe constitutionnel. La Constitution appliquée, c’est la crise étendue. Dire « non » est la seule façon de marquer un coup d’arrêt et, enfin, de discuter et de renégocier sur d’autres bases. Le « non » ne résout pas les problèmes des couches populaires. Il est vrai que ce n’est pas en rompant avec l’Europe que l’on résoudra les problèmes des couches populaires. Mais on ne les résoudra certainement pas en maintenant l’Europe dans le cap qui est le sien depuis longtemps. Pour que l’Europe aide à avancer dans la bonne direction, il faut qu’elle soit sérieusement réorientée. Répondre « non » à la Constitution libérale, c’est la seule manière de dire que l’on veut que l’Europe fonctionne bien, c’est-à-dire franchement autrement. Si l’on parvenait à faire grandir cette idée, ce serait un bol d’air pour les luttes sociales, et donc un souffle vivifiant pour l’Europe tout entière. C’est le « oui » ou c’est le traité de Nice. De toute façon, le traité de Nice fonctionnera au moins jusqu’en 2006, et même au-delà pour nombre de ses décisions. Nous avons donc le temps de remettre l’ouvrage sur le métier. Nous devons sortir du carcan d’Amsterdam, de Nice et de Lisbonne. Mais nous pouvons le faire par le haut et pas par le bas.

« Référendum sur le projet de traité constitutionnel : A partir de ce que nous disent les partisans du Oui, des arguments pour débattre »

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La définition des droits est lapidaire. Pas de référence au « droit au travail », auquel se réfère le Préambule de la Constitution française : ici n’est affirmé que le très ambigu « droit de travailler » II-75.1), assorti de la non moins rocambolesque « liberté de chercher un emploi » (II-75.2). Le droit du travail, son statut, sa durée, les conditions de rémunération ? Rien. La garantie par la puissance publique de la protection sociale ? L’article II-94 se contente d’affirmer le « droit d’accès aux prestations de sécurité sociale et aux services sociaux », sans préciser bien sûr si cet accès relève de la solidarité ou de l’assurantiel. Le droit au logement ? À la rigueur le droit « à une aide au logement ».

Ces droits minimaux sont d’autant moins contraignants qu’ils sont en pratique contredits par le reste du texte. Tout est placé dans le cadre d’une stricte concurrence où les politiques publiques sont corsetées par le pacte de stabilité et où les « services d’intérêt économique général » sont soumis aux règles de la concurrence. La mise en oeuvre des droits n’est soumise à aucune obligation dûment constatée : leur « haut niveau » proclamé reste sur le papier.

Au total, l’adoption de la Charte « ne crée aucune compétence ni aucune nouvelle tâche pour l’Union » (II-111.2). Les articles de la partie II ne peuvent même pas être invoquées devant une Cour de justice (II-112.5). L’Europe sociale est un pur ectoplasme.

Francis WURTZ, Député européen, Président du Groupe Gauche unitaire/Gauche verte nordique (GUE/GVN) au Parlement européen, sera à Vierzon le 11 mars, 18h30, salle Madeleine Sologne.


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