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INTERVENTION DE JEAN-MICHEL GUERINEAU
Monsieur le Maire, Chers Collègues,
Le compte administratif permet un retour sur l’activité municipale de l’année concernée, en l’occurrence 2005.
2005 aura été pour notre ville l’année de la confirmation de sa grande fragilité. Faisant suite aux conclusions du Cabinet d’Etude Quatalyse-Quaternaire en 2003, qui disait : « Au point de vue de la démographie, le potentiel humain du bassin de Bourges reste important mais est en légère diminution et surtout en voie de réduction rapide et brutale », 2005 aura été l’année de publication d’un certain nombre de données particulièrement inquiétantes pour notre ville. Ces données issues notamment de l’INSEE montrent que notre ville souffre de déficits dans plusieurs domaines.
Un déficit démographique. Il a été confirmé que la perte d’habitants constatée entre 1990 et 1999 n’a pas été enrayée, il semble même que le rythme s’est aggravé. La population vieillit, les jeunes continuent à partir, des emplois disparaissent ou restent menacés en nombre important et ne sont compensés ni en nombre ni en qualité.
Un déficit démocratique. Je pourrais multiplier les exemples. Je soulignerais juste que depuis maintenant plus de dix ans que vous gérez cette ville aucune avancée dans ce domaine n’a eu lieu. Contrairement à de nombreuses autres villes, les termes de conseil de quartier, de démocratie participative semblent être des « gros mots » à Bourges. Vous préférez à la place la réalisation d’un sondage et d’une grande campagne de promotion personnelle aux frais des Berruyers.
Un déficit d’ambition. On ne ressent plus de dynamique dans notre ville. Des retards ont été pris et se prennent, des opportunités ne sont pas saisies, Bourges-Plus peine à décoller, le troisième pôle de la région Centre patine.
L’urgence devient donc évidente.
D’abord il faut résister aux mauvais coups portés.
Lorsque le gouvernement que vous soutenez choisit d’enrichir les riches et d’appauvrir les pauvres, et ainsi creuse comme jamais les inégalités, il affaiblit Bourges. Les Berruyers comme leurs compatriotes en subissent les conséquences. Lorsque le gouvernement que vous soutenez, allié au grand patronat, choisit de porter des coups à nos potentiels industriels et à beaucoup de PME et que s’y ajoutent les suppressions d’emplois dans les services et entreprises publiques, il affaiblit Bourges.
Lorsque le gouvernement que vous soutenez prévoit une réduction drastique des moyens pour les collectivités que ce soit dans le cadre des prochains CPER ou avec les annonces de rupture unilatérale du pacte de « croissance et de solidarité » entre l’Etat et les collectivités locales pour le prochain budget, il affaiblit les territoires comme les nôtres.
Et, tout cela vous l’acceptez, vous n’y trouvez rien à redire. On ne voit pas de votre côté le moindre mouvement pour empêcher quoi que ce soit. Vous êtes totalement complice de ces choix ultralibéraux qui sacrifient des territoires, des populations.
Mais au delà de la nécessaire résistance, il faut proposer. Notre sort est aussi entre nos mains, ici, pour porter un projet collectif.
Construire une dynamique économique à la hauteur du défi qui nous est lancé à 10 ans est un impératif aussi bien pour l’avenir de Bourges que pour celui de l’agglomération ou du département tout entier.
Un certain nombre de propositions ont été faites par les élus communistes et républicains. Je veux en rappeler quelques unes.
D’abord le Pôle National sur les Risques Industriels et Environnementaux. Depuis son lancement en 1998, son renforcement en 2000, une nouvelle étape est aujourd’hui nécessaire. Nous devons avoir l’ambition de lui donner toute sa dimension nationale voire une dimension européenne. Depuis 2002, malgré les efforts des acteurs concernés, cette ambition n’a pas été développée comme elle le devait essentiellement par manque de volonté politique. Pour cette raison, j’ai demandé récemment au Président de la Région de lancer une étude pour que soient renforcées les compétences du Pôle « risques » et que soient dégagées de nouvelles pistes de développement, explorés les nouveaux besoins ou ceux insuffisamment couverts en matière de risques et de sécurité. Cette étude démarre. Dans le même temps, il faut pousser la candidature de Bourges pour accueillir tout ou partie de la force d’intervention rapide en cas de catastrophe naturelle, idée qui se travaille tant au niveau du gouvernement français qu’au plan européen (c’était l’un des dossiers du dernier sommet des chefs d’Etat européen).
Elaborer un projet industriel en lien avec ce pôle risque et le réseau d’entreprises qui doit être créé pour le soutenir. Des prémices voient le jour, il faut résolument les pousser.
Dans le cadre des chantiers du PRU, il faut faire des efforts sans précédents pour former et embaucher des jeunes de Bourges. Une centaine d’embauches au moins pourrait être vraisemblablement réalisée dès cette année.
En matière d’infrastructures 1) Défendre et promouvoir la ligne ferrée Nantes-Lyon puis son débouché vers Turin et l’Est de l’Europe afin de montrer toute la pertinence de cette ligne tant pour le fret que pour le trafic voyageurs. Avec les élus communistes au Conseil Régional, nous faisons la proposition d’étudier dès maintenant le débouché à l’Est de la ligne Nantes-Lyon après l’électrification de la partie Tours-Vierzon qui démarre en septembre et celle de Bourges-Saincaize qui se réalisera dans le prochain contrat de projet. Nous proposons d’étudier l’itinéraire de la ligne Nevers-Chagny qui se raccorde à l’axe Dijon-Lyon et qui permettrait à la fois le raccordement à des corridors fret et la desserte voyageurs par TGV sur la ligne transversale Nantes-Lyon. C’est une opportunité exceptionnelle pour Bourges ! 2) Demander l’interconnexion de la ligne Bourges-Vierzon-Paris au réseau TGV. L’abandon du POLT, pourtant décidé et contractualisé par le gouvernement précédent, la région et la Sncf, se révèle catastrophique. Nous aurions tout intérêt à pousser à sa réactivation. 3) Demander à l’Etat et à l’Europe une aide exceptionnelle pour réaliser, en première tranche d’une liaison autoroutière ou à caractéristique autoroutière vers l’Est, le tronçon Bourges/La Charité.
D’autres domaines doivent aussi être travaillés comme : La mise en place un grand programme de promotion touristique à l’échelle nationale et européenne.
Le développement d’un urbanisme citoyen permettant de véritablement confier la ville à ses habitants sur les questions d’urbanisme, de logement, de circulation, d’environnement, de cadre de vie, ... Nous y reviendrons avec un certain nombre de dossiers de ce conseil.
Une nouvelle étape quant à l’image culturelle et sportive de la ville. Cela suppose d’engager collectivement une réflexion et de ne pas écarter sans examen des projets qui peuvent être porteurs, je pense par exemple au vélodrome.
Enfin, l’ouverture au Monde. Par le Pôle risques, les infrastructures, la culture, le sport mais aussi par la solidarité et en associant vie associative et solidarité. Et à ce titre, je pense qu’il serait judicieux que Bourges s’investisse dans un certain nombre d’actes concrets permettant de montrer sa dimension solidaire. Pourquoi refuser l’examen de la demande du Comité de soutien à Ingrid Betancourt pour que celle-ci soit citoyenne d’honneur de notre ville ? Pourquoi refuser de s’investir pour protéger les élèves sans papiers ignoblement mis à l’index par ce gouvernement ?
En conclusion, sur tous ces dossiers on ne ressent pas de votre part la mobilisation, le dynamisme et l’engagement qui seraient nécessaires. Le Compte administratif en est malheureusement l’expression. Nous le regrettons profondément.