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Discours de Jean-Claude Sandrier, prononcé le 19 mai 2008 lors de la commémoration de la disparition de Jacques Rimbault.
Ma chère Colette,
Ma chère Patricia,
Mon cher Jean-Jacques,
Chers Amis, chers camarades,
Cela fait 15 ans que notre ami, notre camarade Jacques RIMBAULT qui fut une très grand Maire de Bourges nous a quittés, après des mois d’un combat contre la maladie. 15 ans qui n’ont pas effacé le souvenir de celui qui résonne dans le cœur de nombreux Berruyers et Berrichons.
Son souvenir, son image, mais surtout son œuvre sont à jamais gravés dans notre mémoire, comme autant de cellules de vie qui se régénèrent, comme ces réflexes qui servent à comprendre et à avancer.
Vous tous, ici présents, savez combien sa pratique, ses convictions, sa volonté ont profondément marqué à la fois la scène politique départementale, et la transformation de la Ville de Bourges.
Il n’est jamais anodin de rappeler que les plus grandes réalisations de notre ville depuis un siècle, celles qui ont réveillé Bourges, ont été conduites sous l’autorité de Jacques : Palais des Congrès, Pavillon des expositions, Rénovation du Centre-Ville, Aménagement du Grand Stade, Médiathèque, Nouvelle Mairie, Plaine du Moulon, Parc paysager des Gibjoncs, Muséum d’Histoire naturelle pour ne citer que les plus grandes. On peut aussi y ajouter sa grande influence pour la construction d’un nouvel Hôpital ou l’arrivée de l’autoroute A71 !
Mais, Jacques n’était pas seulement le bâtisseur infatigable, il était celui qui voulait l’excellence pour Bourges et les Berruyers, avec des services sociaux en prise directe avec la population, avec un travail acharné pour l’économie et l’emploi, avec le soutien décisif à des événements, porte-drapeaux connus et reconnus sur la scène européenne, comme le Printemps de la Chanson et le Bourges Basket qui continuent de briller au delà de nos frontières.
Oui, Jacques avait cette force, cette intuition de ne laisser personne au bord du chemin et de porter haut les couleurs de la Ville.
C’est le même esprit qui l’animait dans le débat politique où son engagement communiste était indissociable de l’écoute et de la prééminence de la démocratie. Il a fait se rencontrer communisme et démocratie. Il a fait se rencontrer le souci du collectif et le respect de chacun.
Les élus communistes et républicains du Cher qui, avec Jacques et d’autres, ont emprunté ce chemin, savent combien le respect, et souvent la confiance, qui nous sont accordées viennent de cette pratique qui est presque une marque de fabrique départementale. C’est ce chemin qui a conduit aux beaux résultats électoraux de ce printemps 2008 naissant, notamment à Vierzon et Saint-Florent sur Cher avec l’élection de Nicolas Sansu et de Roger Jacquet mais aussi à Bourges, sa ville, avec les beaux résultats de Jean-Michel Guérineau et Yannick Bedin.
En ces moments politiques où le courant de transformation sociale, le courant de contestation du système est éclaté, battu en brèche, il nous faut à la fois faire preuve d’audace et de lucidité.
Comme Jacques RIMBAULT a pu nous le montrer, nous avons l’obligation d’ouvrir un nouveau chemin pour avancer vers une société vraiment humaine.
Le chemin est étroit, il ne sera pas facile, mais rien ne saurait justifier une attitude de surplace qui ne conduit qu’au recul.
La Gauche, dans son ensemble, a besoin de se renouveler et non de se renier.
La Gauche, dans son ensemble, a besoin de retrouver ses valeurs même s’il faut les redéfinir.
Va-t-on accepter l’accentuation de divisions entre les différentes catégories de nos concitoyens, SMICARDS contre RMISTES, Salariés du public contre Salariés du privé, Français contre Etrangers...
Va-t-on enfin oser aborder la question de la répartition des richesses, accaparées par une caste de nantis qui font la pluie et le beau temps plaçant les résultats du CAC 40 comme valeur universelle. C’est l’Eurogroupe lui même, fait exceptionnel, qui vient d’affirmer que le dérapage des salaires des grands patrons était « proprement scandaleux » et constituait « un véritable fléau social ».
L’heure est à la fois à la résistance, au rassemblement et à la reconstruction.
Oui, il faut résister aux assauts d’une droite qui veut liquider tous les acquis sociaux, qui veut organiser la revanche sur les avancées du Front Populaire, de la libération et de Mai 68.
Oui, il faut nous rassembler très largement, dans le souci de l’intérêt général.
Oui, il nous faut construire une nouvelle Gauche, sans renier nos convictions, notre Histoire, celle de la défense de la Patrie, de la défense de l’autodétermination des peuples, de l’action pour la Paix, de l’action contre l’exploitation, avec le souci d’enlever tous les obstacles qui concourent à les rendre inaudibles.
Nous sommes dans une période de mutation. Cela est vrai en France, cela est vrai en Europe et dans le monde.
Comme cela fut le cas au 19ème et au début du 20ème siècle avec le bouillonnement des idées socialistes et communistes et les tâtonnements d’organisation, il nous faut inventer du neuf.
C’est à la fois source d’inquiétude, mais également une formidable stimulation.
Nous avons le devoir de reconquérir le champ des idées, le champ des valeurs pour ne pas laisser place nette aux promoteurs d’une société aux mains du capitalisme financier le plus débridé.
Cette bataille, c’est bien sûr un des enjeux de la période présente.
Comme élu de cette 2ème circonscription du Cher dont Jacques a été le député mais aussi avec tous mes camarades et amis de ce département de résistance et de luttes qu’est le Cher, je m’y attacherai.
Comme Jacques, je sais que les habitants du Cher sont sensibles à nos actes, car ils savent pouvoir compter sur nous.
Notre ténacité, notre volonté pour les hommes et les femmes de ce territoire, notre esprit constructif et rassembleur, voilà ce qui doit continuer à prévaloir.
La période est bien sûr mouvementée. Elle peut décontenancer, mais nous devons, ensemble, faire en sorte que nos forces, nos élus, dont de nombreux nouveaux, restent des points d’appui essentiels aux combats à venir.
C’est tout ce que Jacques aurait voulu, sans jamais céder au découragement, avec l’optimisme de la raison et la force des convictions.
Continuons, ensemble, sous des formes efficaces et enthousiasmantes, ce si beau combat.
Merci