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Introduction de Jean-Michel Guérineau au Conseil municipal de Bourges du 14 décembre 2008.
Monsieur le Maire, chers collègues.
Ce Conseil Municipal est théoriquement le dernier de ce mandat. Il vous permet de présenter en responsabilité votre 13ème budget. Pour 2008, c’est un montant de près de 170 Millions d’€uros (fonctionnement et investissement). De fait, en 13 budgets, c’est plus de 2 Milliards d’€uros que vous aurez eu à gérer depuis 1995. Comme on dit communément « avec ça on peut en faire des choses ! » C’est vrai, et fort heureusement vous en avez fait. La question que je voudrais poser est la suivante : Etaient-ce les bonnes choses, étaient-ce les bons choix pour Bourges, pour les Berruyers et leur avenir ?
En 1995, votre slogan de campagne, le nom de votre liste était « Bourges plus fort » et vous placardiez des affiches 4X3 dans la ville proclamant « Si les jeunes ne peuvent rester quel avenir pour Bourges ? » Puis en 2001, vous appuyant sur le fait qu’en un mandat tout ne pouvait être fait vous proposiez de « Transformer l’essai ».
Bourges vieillit, ne retient pas mieux ses jeunes (il y a aujourd’hui 3800 étudiants à Bourges, le même nombre qu’en 1995 !), a perdu des habitants (35 classes fermées en 12 ans, c’est l’équivalent de 7 écoles à 5 classes).
Plus problématique encore, en ce qui concerne les trois grands domaines qui fondent les capacités de développement d’un territoire, Bourges n’a pas passé les étapes nécessaires.
Premier grand domaine : les infrastructures. Finalement quand on regarde, en 12 ans rien de notable ne s’est passé et ce ne sont pas des effets d’annonce pré-électoraux qui le cacheront !
Deuxième grand domaine : la formation et la recherche. De ce côté quelques avancées ont eu lieu mais pas forcément sous votre impulsion et pas aux niveaux nécessaires !
Troisième grand domaine : la qualité des services publics. Alors là, c’est la bérézina dont le maire de Bourges n’est pas forcément l’unique ni même le premier responsable mais dont il doit tout de même assumer une part quand il soutient des gouvernements (voire quand il y participe) qui n’ont de cesse de saper le service public.
En fait, votre politique finalement c’est beaucoup d’annonces, c’est une communication au top mais quand on regarde de près il y a beaucoup à dire sur les réalisations effectuées et les politiques réellement menées. Votre slogan, c’est plutôt comme le titre d’un précédent magazine départemental « Faire voir, faire savoir » !
Le Prado, espace de loisirs et d’activité commerciale qui devait être un véritable pôle de vie et de convivialité. L’activité commerciale périclite, des espaces sont vides et même si les structures de loisirs semblent fonctionner, la rencontre et la convivialité ne sont pas au rendez-vous dans ce site qui apparaît plutôt glacial !
Le Pôle gare. Projet qui date de 1998, qui a vu une première tranche réalisée (avec une certain réussite) mais qui n’a pas vu la réalisation de ce qui était essentiel dans ce projet : l’ouverture de la gare vers le Nord, l’organisation dans cet espace d’un véritable carrefour urbain entre tous les modes de transport favorisant l’intermodalité, bref la fin pour une bonne part de cette coupure entre les quartiers du Nord et le reste de la ville.
Lahitolle. Pendant six ans, la « vallée des savoirs » est restée immobile. Heureusement que d’autres collectivités, et notamment le Conseil Général, ont pris des initiatives pour qu’il se passe quelque chose dans cet espace. De votre côté vous avez réalisé un plan directeur dont la principale caractéristique est de fermer les hypothèses de développement à moyen et long terme voire d’handicaper d’ores et déjà l’activité du CFBS ! Au delà de Lahitolle, vous portez la responsabilité de retards majeurs dans le développement de la filière du risque et de la sécurité à Bourges alors même que ce secteur est porteur de croissance (+8% en 2006) et que des occasions se sont présentées que vous n’avez pas su saisir.
Dans l’actualité plus récente, et dans les dossiers de ce Conseil Municipal, on pourrait aussi prendre comme exemple le PRU ou Avaricum.
Le PRU n’a d’abord été qu’effet d’annonce : le plus important de France, le plus grand chantier de démolition, ... L’effet ne s’est pas fait attendre : les habitants concernés jamais associés à ce projet ont été traumatisés. Et aujourd’hui, c’est une augmentation des loyers généralisée et une tension sur le logement social à Bourges comme on n’en a jamais connues !
Et puis il y a l’avenir. Auditionnés il y a quelques mois à l’Assemblée Nationale le Président et le Directeur de l’ANRU faisaient part de leurs inquiétudes dans trois domaines :
« Le relogement reste une question très difficile mais sa responsabilité n’incombe pas à l’Anru mais aux maires et préfets concernés. »
Le niveau des loyers à l’arrivée n’est pas équivalent aux loyers de départ : « même avec des moyens supplémentaires, on n’y arrive pas. »
Les financements : « des problèmes vont arriver, au paroxysme à partir de 2008 » (au moment prévu des reconstructions !)
Autre exemple, l’opération Avaricum qui apparaît maintenant pour ce qu’elle est : une opération immobilière et commerciale pour répondre aux desiderata de promoteurs privés. Cela avec un engagement de la ville loin d’être négligeable et dans une optique urbaine loin d’être respectueuse du développement durable.
Autre caractéristique de ces dernières années : la difficulté de vie grandissante pour beaucoup de Berruyers, notamment ceux des milieux populaires, et le creusement sans précédent des inégalités. Certes, vous n’êtes pas, comme Maire de Bourges, le premier responsable de ces situations. Mais la politique que vous menez avec des taux d’imposition et de prélèvement sur les Berruyers qui sont à un haut niveau avec une pression fiscale forte aggrave cette situation. C’est ce que soulignait une note du Ministère de la Ville préparatoire au PRU « En matière fiscale, à Bourges, la pression fiscale sur les ménages est supérieure à la moyenne de la strate (1,40 contre 1,19 en moyenne). En plus, les bases sont aussi inférieures à la moyenne régionale ».
Enfin, pour conclure quelques réflexions sur le budget 2008, année électorale. Cela se voit (les chiffres des lignes annonces et insertion, fêtes et cérémonies et catalogues et imprimés augmentent de 10% après avoir déjà augmenté de plus de 15% l’an passé)
Voilà, Monsieur le Maire, Chers collègues, les quelques remarques que je souhaitais formuler en ouverture de ce Conseil Municipal.
Conseiller général de Bourges 1, Vice-président de la Région Centre, Secrétaire de la section de Bourges du PCF