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Intervention de Jean-Michel Guérineau, chef de file de l’opposition au Conseil municipal de Bourges du 29 mars 2006.
Monsieur le Maire,
Chers Collègues,
En ces moments particuliers et au lendemain de cette grande journée de mobilisation durant laquelle nos concitoyens ont dit clairement qu’ils ne voulaient pas de cette société entièrement précarisée et insécuritaire que certains veulent leur imposer, je veux au nom des élus communistes et républicains, au nom de tous les élus de gauche de ce Conseil Municipal apporter tout mon soutien au juste combat que mènent les jeunes, leurs parents, les salariés qui s’opposent à la véritable régression sociale que constitue le CPE.
Comme eux, avec eux nous demandons au Président de la République, au Premier Ministre de retirer ce « Contrat Première Embauche ».
J’en viens maintenant à l’ordre du jour de notre Conseil Municipal.
La première remarque que je ferais concerne la confirmation de la grande fragilité de notre ville, les signes qui confirment son affaiblissement. Je ne reviens pas sur les chiffres de la démographie, ceux concernant l’économie et l’emploi avec des plans sociaux qui sont en œuvre ou encore ceux du domaine social avec ce que toutes les organisations caritatives appellent « l’explosion de la misère et de la précarité ».
Je veux simplement ajouter quelques nouveaux indices qui confirment ce diagnostic : la relative faiblesse de l’augmentation des bases d’imposition, la stagnation si ce n’est la baisse du versement transport perçu par le Sivotu sur l’exercice 2005 ou encore le nombre de fermetures de classes prévu pour la rentrée 2006 (6 postes 1/4 qui s’ajoutent aux 20 postes supprimés depuis 2003 !).
Ma deuxième remarque concerne le Plan de Renouvellement Urbain. En dehors du problème récurrent de la concertation, ce projet ayant été bâti sans les Berruyers et notamment les habitants concernés qui continuent à apprendre par la presse le sort qui leur est réservé, en dehors du problème du dimensionnement de ce projet et de sa démesure sur lequel je reviendrai, je voudrais insister sur deux questions qui se posent aujourd’hui de manière aiguë : celle des relogements et celle des loyers.
Vous me permettrez de citer un témoignage de Pierre Tritz, ancien curé dans les quartiers Nord, qui écrit dans son livre « Prêtre en banlieue » : « Deux problèmes se posent toujours dans pareille situation : le relogement à l’identique de la population concernée et l’impact sur les loyers. A Bourges, j’ai pu observer qu’à l’issue de certaines opérations, les plus démunis, ne pouvant se permettre la plus petite augmentation de loyer, se retrouvaient toujours sur le carreau. Ils finissent en effet par partir, encore plus pauvres qu’ils ne l’étaient, et viennent gonfler les rangs des mal-logés. »
C’est ce qui se passe aujourd’hui à Bourges quand on sait que depuis 5 ans les loyers ont augmenté de 12% (alors que l’APL n’augmentait que de 7%) et que les charges ont progressé de 42% !
Je disais au moment du vote du budget au mois de décembre que celui-ci était en quelque sorte « vampirisé » par le PRU. Bourges avait besoin d’un Plan de Renouvellement Urbain, mais à sa dimension. Ce surdimensionnement a des conséquences puisqu’il obère nombre d’ambitions pour notre ville.
Je ne prendrais qu’un exemple, celui du sport. Durant vos deux mandats successifs, vous avez réussi à faire disparaître le football de haut niveau à Bourges, la ville ne comptant même plus le club phare du département.
Aujourd’hui de grands risques de fragilisation du Bourges-Basket existent avec, par exemple, le retrait du partenariat du Sivotu et de la CTB.
Enfin, et toujours pour prendre comme seul exemple le sport, il y a votre décision de ne pas participer au projet d’implantation d’un vélodrome à Bourges.
C’est une double erreur. D’abord parce que l’engagement avait été pris par vous lors de l’annonce de la destruction du vélodrome Tivoli et que dans ce domaine il y a une règle : quand ce type d’équipement disparaît, il est remplacé.
La deuxième erreur tient dans le fait qu’il y a là un projet important, largement porté par la Fédération concernée, par l’Etat, la Région et le Département, projet porteur de rayonnement pour notre ville, porteur de complémentarité avec le CREPS dont chacun s’accorde à souligner le grand succès et l’apport à l’attractivité et à l’activité économique de Bourges même si la ville n’a aucunement participé à son financement. Votre manque de volonté dans ce domaine risque de pénaliser Bourges pour renforcer encore l’équipement d’une autre ville de la Région.
Ma troisième remarque sur les dossiers de ce Conseil concerne les questions de concertation et de démocratie. Pour regretter, sans revenir sur le PRU, que l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme n’ait pas permis de grande réflexion avec tous les Berruyers pour développer un urbanisme citoyen permettant de confier la ville à ses habitants sur le thème notre ville demain, notre quartier demain posant les questions d’urbanisme, de logement, de circulation, d’environnement, de cadre de vie, ...
Et puis, il y a Avaricum. Avaricum où ce qui était une opération concernant le renouvellement du logement social est devenu une privatisation d’une partie du territoire de la commune pour une opération immobilière et commerciale. Il y a un an, lors de l’abandon du précédent projet je disais ceci : « Puisqu’il y a dorénavant un peu de temps, je vous demande, Monsieur le Maire de remettre ce dossier à plat afin que le projet (dont je rappelle qu’il a soulevé beaucoup d’avis négatifs ou réservés) soit revu avec toutes les parties prenantes et que sa gestion ne nous engage pas dans une aventure néfaste pour la ville. » Je regrette que cela n’ait pas été fait.
Ma dernière remarque portera sur la délibération sur les taux. Simplement pour rappeler que, même si les taux n’augmentent pas cette année, cela n’empêche pas les Berruyers de supporter un niveau de prélèvements (impôts, taxes, tarifs dont l’augmentation à Bourges est à nouveau le double de l’inflation, ...) très élevé, trop élevé.
Il représente aujourd’hui un handicap pour le développement dynamique de Bourges et un frein important pour l’installation de nouveaux habitants, de jeunes ménages ou de familles issues de milieu modeste ou moyen qui vont ailleurs dans la couronne ou plus loin voire en dehors du département.
Il y a urgence à une véritable réforme fiscale qui tienne compte de l’économie d’aujourd’hui et qui organise une meilleure répartition des richesses.
Mais au delà il y a une spécificité ici à Bourges, spécificité qui n’existait pas en 1995, c’est une pression fiscale forte comme le soulignait une note du Ministère de la Ville préparatoire au PRU « En matière fiscale, à Bourges, la pression fiscale sur les ménages est supérieure à la moyenne de la strate 1,40 contre 1,19 en moyenne. En plus, les bases sont aussi inférieures à la moyenne régionale ».
Enfin pour conclure, je veux rappeler l’urgence qu’il y a à redonner une dynamique économique à notre bassin d’emplois. Autour de la thématique de la Maîtrise des Risques, il y a de nouvelles pistes de développement à dégager, de nouveaux besoins ou ceux insuffisamment couverts à explorer avec l’ambition de donner une dimension nationale voire européenne à cette thématique et au projet industriel qui doit l’accompagner. C’est le sens de l’étude que j’ai demandé au Conseil Régional de conduire dans le cadre du Schéma Régional de Développement Economique et Social, étude qui va être effectuée dans les prochaines semaines. Dans ce domaine, par manque de volonté politique locale, nous avons manqué le train des Pôles de compétitivité, je souhaite que nous ne manquions pas celui du prochain Contrat de Projet Etat-Région !
Conseiller général de Bourges 1, Vice-président de la Région Centre, Secrétaire de la section de Bourges du PCF